Infidélité : doit-on l’avouer ?

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

On dit souvent que l’amour est plus fort que tout ! Pas si sûr et surtout pas si simple. Surtout quand on réalise qu’aimer, c’est risquer d’être trompé… Comment l’infidélité a-t-elle évoluée ? Que faire quand on regrette un écart : avouer ou pas ?… Un couple peut-il survivre à la trahison ?

Le Docteur Willy Pasini, psychiatre et sexologue qui a publié “Les amours infidèles”, chez Odile Jacob, répond à nos questions.

- Quelles sont les principales raisons qui poussent aujourd’hui à l’infidélité ?

Il y a trois mécaniques qui poussent à l’adultère. D’abord, les raisons biologiques : nous sommes tous portés vers des relations alternatives par nature mais notre culture nous fait, voire nous oblige, à être fidèles. Il y a ensuite les facteurs sociaux : notre société contribue à donner aux relations alternatives une image qui s’approche plus du mérite que de la faute. On s’en vante plus qu’on en a honte. Enfin, il y a les facteurs psychologiques comme l’ennui, la vengeance, la transgression ou encore la curiosité sexuelle plus fréquente chez les femmes qui revendiquent depuis peu leur droit au désir et au plaisir (les hommes n’ont plus aujourd’hui le “monopole” du désir)… On peut aussi citer la peur de vieillir ou le besoin d’être rassuré sur sa capacité à séduire.

- Est-il vrai que les femmes trompent aujourd’hui autant que les hommes ?

je dis que “les femmes ont gagné en liberté et en égalité mais qu’elles ont perdu en scrupules”… Cette phrase résume très bien les choses. Les femmes sont aujourd’hui à peu près aussi nombreuses que les hommes à être infidèles. Je rencontre d’ailleurs de plus en plus d’hommes en consultation qui avouent leur peur d’être trompés et ça, c’est très nouveau. Ils sont aussi de plus en plus réticents à s’engager car ils pensent qu’ils ont beaucoup à perdre dans une liaison avec une femme.

- Les femmes préfèreraient les liaisons qui durent, avec du sentiment, tandis que les hommes auraient plutôt des aventures sans lendemain (ou presque). Doit-on en déduire que l’infidélité est plus “grave” chez la femme ?

On dit souvent que les femmes mettent plus de sentiments dans ce qu’elles font et c’est tout à fait vrai. C’est pourquoi je pense effectivement que l’infidélité chez la femme est plus grave car même si elle veut se “libérer du cœur”, elle n’y arrivera pas. Et à mesure que les sentiments prennent de la place, l’infidélité s’aggrave, c’est logique.

- Quelle est la proportion de ceux et celles qui avouent leur infidélité à l’autre ?

Ils sont très peu nombreux, que ce soient les hommes ou les femmes. La plupart du temps, si l’autre l’apprend, ils se font prendre. Ce qu’on constate aussi, c’est que les hommes sont beaucoup moins prudents par rapport aux femmes qui ont beaucoup plus d’imagination pour dissimuler la vérité.

- La plupart des gens affirment que s’ils apprenaient que l’autre les trompent, ils le quitteraient aussitôt. Est-ce vrai ?

Non, ils sont assez nombreux à pardonner. Deux variables entrent régulièrement en ligne de compte. D’abord la religion qui joue beaucoup sur l’image qu’on a du pardon et sur la capacité qu’on a à l’accorder à l’autre. Ensuite, la “manière de trahir” est très déterminante : si par exemple l’adultère a lieu une seule fois dans un contexte propice à la légèreté, après une soirée bien arrosée et que le “fautif” est envahi par la culpabilité, on pardonnera souvent.

- Souvent, un écart insignifiant pour l’un, devient une blessure insurmontable pour l’autre. Dans beaucoup de cas, n’est-il pas préférable de ne pas savoir ?

Si, d’ailleurs je recommande à bien des patients que je reçois de garder leurs secrets… Je pense qu’il faut avouer sa jalousie mais pas ses trahisons. L’aveu d’une relation extraconjugale soulage forcément la personne qui le dit mais il peut effectivement détruire l’autre. Le mensonge, dans certains cas, peut donc être “juste” !

- Vous dîtes qu’on assiste aussi à l’émergence de “nouvelles infidélités”, quelles sont-elles ?

Elles sont les résultantes directes du développement des médias et des nouvelles technologies… Les plus importantes sont celles qui existent grâce aux forums de rencontre, aux chats, aux réseaux sociaux sur internet. Les gens s’y sentent libre, parfois plus libre que dans l’intimité conjugale. Là, on ne parle pas forcément de relations physiques mais c’est justement parfois plus fort et donc plus grave. En gros, l’adultère au regard de la loi, c’est consommer l’acte sexuel, mais pour le psychiatre que je suis et toute approche psychologique, cet adultère là est beaucoup plus grave. Si on partage une relation de complicité sur le long terme, qu’on se sent bien avec une personne avec qui on dialogue sur internet, c’est une vraie forme d’infidélité même si elle est très nouvelle.

- L’amour suffit-il à faire oublier l’infidélité ?

L’amour ne suffit pas toujours… Mais soyons réalistes. Souvent, on pardonne pour des raisons complètement extérieures à l’amour : les enfants, l’argent…
Je pense que pour arriver à pardonner “solidement”, sans rancœur ni obligation, il faut comprendre l’infidélité de l’autre, connaître les causes et les raisons qui l’ont fait passer à l’acte.

- Vous dîtes que tromper ou être trompé peut être une occasion de grandir et de vivre un changement personnel salvateur. Comment positiver ?

Le but est de réussir à voir et à vivre le pardon comme un nouveau pacte qui resserrera les liens et pas comme un signe de faiblesse. Il faut bien voir l’adultère à travers la notion de “crise”. Une crise peut toujours avoir du bon car elle provoque une rupture dans les habitudes. L’idée est de surmonter la crise, aussi dure soit-elle, puis d’en tirer de la force pour la suite. La crise peut être une occasion se repartir sur de nouvelles bases, en étant plus fort à deux !

Reconquérir votre Ex

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »